2013 - en cours

Rénovation - Restauration / Public / Projet en cours

Aegidium

(Ce fut) une véritable stupéfaction pour la foule nombreuse des invités (...)

Méconnu et insoupçonné de l'extérieur, cet incroyable ensemble architectural de 3.260 m² est affublé d'une appellation qui peut paraître étrange si l'on ignore la référence à Saint-Gilles (Aegidius), patron de la paroisse. Ce nom lui fut donné en 1929 lorsqu'il changea de propriétaire, l'appellation originelle de cette impressionnante « salle de fêtes et de spectacles » était le « Diamant-Palace ».

Le complexe, attribué à l'architecte Guillaume Segers, a été bâti 1905 pour un particulier (!) soucieux d'offrir un lieu de sortie à la bourgeoisie du sud de Bruxelles. Mais pas n'importe quel lieu, comme en témoigne la presse de l'époque qui ne tarit pas d'éloges lors de son ouverture le 27 décembre 1906 au tout nouveau parvis de Saint-Gilles. « (Ce fut) une véritable stupéfaction pour la foule nombreuse des invités (...) Rien de plus féerique, de plus éblouissant que cette salle merveilleusement décorée, éclairée à profusion, formant un décor de rêve. Les cris d'admiration partaient sans cesse, et les coeurs des Saint-Gillois ont battu d'allégresse, car pas une commune de l'agglomération ne possède un local pareil ».

L'endroit couru du tout Bruxelles à l'époque, a traversé le siècle avec des hauts et des bas et ne fut « redécouvert » par le public que récemment, dans un état fort éloigné de celui de ses années fastes...  Vivotant loin de l'agitation du parvis, l'ensemble classé en 2006 va bientôt retrouver une affectation en lien avec son architecture et son histoire. La société Edificio l'a en effet acheté pour en faire un lieu culturel à l'image de ses autres protégés, l'hôtel Wielemans, le Concert Noble et la bibliothèque Solvay. Cette dernière fut d'ailleurs un des projets formateurs tant au point de vue du savoir que de la méthodologie pour Francis Metzger et son équipe qui ont depuis lors acquis une certaine notoriété en matière de restauration-réhabilitation du patrimoine classé. La mission de MA² consiste ici, comme pour tout projet, à trouver une adéquation, une écriture entre un lieu (hors du commun, certes) et un programme (défini par le maître de l'ouvrage). Ce faisant, l'architecte doit relever le défi de faire revivre ce joyau de l'architecture éclectique tout en offrant un cadre adapté aux arts de la scène, à la musique et aux festivités de la vie bruxelloise actuelle.

Cette vaste mission va de pair avec une analyse complète du bâtiment comprenant une étude historique et une étude in situ afin de reconstituer l'histoire du lieu, son évolution et ses transformations. « Il faut essayer de comprendre le bâtiment ainsi que l'ensemble du décor, grâce à des sondages et à des analyses et en les comparant avec les documents historiques ». Les architectes sont épaulés par des équipes pluridisciplinaires de scientifiques (historiens, ingénieurs, restaurateurs...) mais également d'artisans qualifiés (électriciens, chauffagistes, etc).

L'Irpa et les Monuments et Sites participent activement à ce projet unique qui nécessite la mise en place d'une philosophie de restauration spécifique qui tentera de revenir au pristin état ou, en tout cas, à un état proche de celui-ci. Le but de l'opération étant de trouver une écriture pour rendre à l'ensemble une identité cohérente et pertinente. Les travaux de préétudes ont débuté sur place en septembre 2013. Ils doivent permettre d'élaborer le cahier des charges et d'introduire un permis unique.

Informations

  • ObjetMission de restauration de l’Aegidium, ancien cinéma et lieu de fêtes et spectacles classé en 2006. Chantier de près de  4 700 mètres carrés.
  • Destinataire privéEdificio
  • PhasePermis unique introduit en décembre 2014

L'Aegidium se déploie en intérieur d'îlot, derrière une façade néoclassique conçue dans l'esprit de l'ensemble du parvis. Elle développe 3 niveaux au-dessus d'un rez-commercial jadis occupé par une brasserie. L'entrée, discrète et décentrée, ne fait qu'accroître le contraste saisissant avec un intérieur de plus en plus spectaculaire. L'étroit couloir qui mène au hall et aux pièces annexes (vestiaire, tabagie...) n'est qu'une mise en bouche aux somptueuses salles de l'étage. L'escalier d'honneur qui y mène déploie ses deux volées droites sous une large verrière ovale dans une ambiance raffinée de marbres, de miroirs, de stucs et de mosaïques. L'ambiance Louis XV du foyer voisine avec l'exotisme mauresque de la salle de spectacles, un exemple unique en Belgique et sans doute en Europe hors Angleterre. Cette salle d'une rare originalité pour l'époque, dotée d'un balcon soutenu par des colonnes sous arcs trilobés, est couverte d'un plafond à caissons et recouverte d'une décoration où les entrelacs voisinent avec les frises géométriques et les palmettes tandis que des nuées d'ampoules électriques l'éclairent de mille feux. La salle de bal en vis-à-vis est relativement plus « sobre ». Inspirée du style Louis XV, elle jongle avec les miroirs, les coquilles et les médaillons. Cette description n'est plus vraiment celle de l'Aegidium à ce jour. Le complexe s'est transformé, agrandi, cloisonné, modernisé au fil du temps, des propriétaires et des affectations qui furent son lot depuis sa création. Son parcours est émaillé de quelques gros changements parmi lesquels les modifications des baies et des ouvertures en façade dès 1925, l'aménagement d'une nouvelle salle de café par Léon Denis en 1933 ainsi que divers remaniements et  la mise en place d'une cabine technique sur le toit de l'immeuble. Mais c'est surtout la malencontreuse construction en 1956 par Hendrickx et Stevens d'une dalle de béton dans la salle de bal de manière à ménager deux espaces superposés qui paraît irrémédiable d'autant que son sens nous échappe aujourd'hui. N'empêche, les architectes comptent l'annihiler dans la foulée du grand déballage auquel ils se sont attelés. Le bâtiment initial, ses décors mais aussi ses volumes, étant littéralement noyé sous des couches de peintures, d'unalit, de faux-plafonds et autres maquillages parfois fonctionnels, parfois aberrants, mais qui ont souvent paradoxalement contribué à la sauvegarde de certains éléments ! C'est ainsi que pas mal de céramiques décoratives de la Maison Helman, certaines boiseries, stucs et peintures ont pu être conservés, comme les bouquets des médaillons du plafond de la salle de bal, tout dernièrement révélés sous d'épaisses couches de peintures ! Une aventure passionnante qui ne fait que commencer et qui devrait se conclure lorsque le lieu, recouvrant tous ses atours, paraîtra avoir toujours été comme ça !

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