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Royale Belge - Souverain 25

Comprendre le passé et revenir aux sources pour vivre dans le présent et s'inscrire avec des éléments contemporains.

Comme pour de nombreux ouvrages notoires du patrimoine architectural bruxellois, un lien solide s'est tissé au fil des ans entre l'emblématique bâtiment de la Royale Belge et l'atelier Ma2. En 2020, le nouveau propriétaire confie à une association momentanée de plusieurs bureaux d'architecte le soin de réaménager et de restaurer les lieux. Déjà auteur de plusieurs études sur cet oeuvre exceptionnelle, Ma2 fait naturellement partie de l'équipe.

Selon la philosophie de Francis Metzger, quand le lieu d’intervention est aussi intéressant que l’ancien siège de la Royale Belge, il importe de créer une conversation harmonieuse avec les architectes concepteurs, d’entrer dans leur vision et leurs intuitions, de trouver le moyen de revenir aux sources avec des éléments contemporains afin que l'oeuvre et le site puissent (re)vivre et s’inscrire dans le présent et le futur. Pour dialoguer avec un architecte qui n’est plus là, il est nécessaire de comprendre le sens de son travail. Depuis 2013, l'atelier Ma2 a réalisé trois missions d'étude portant sur le bâtiment et le site : un ensemble de notes historiques et architecturales sur les pathologies présentes, une esquisse de masterplan et une étude de faisabilité.

Une approche du macro au micro

Conçu entre 1965 et 1970 par les architectes Pierre Dufau et René Stapels, l'ex-bâtiment de la Royale Belge se déploie au n°25 du boulevard du Souverain. Oeuvre cruciforme inspirée du siège social de la société John Deere & Co. installée à Molines dans l'Illinois et dernier bâtiment dessiné par Eero Saarinen, cet ouvrage fut inauguré le 25 juin 1970. Désormais considéré comme une oeuvre d’art inscrite par le Gouvernement bruxellois sur la liste de sauvegarde, certains de ses éléments constituants méritent d’être protégés. La garantie de leur protection est essentielle dans l’optique d’une réhabilitation. Dès lors se pose la question de l’essence de l’oeuvre, à savoir ce qui la constitue, ce qui présente peu d’intérêt et ce qui la dénature. Notre étude a permis d’identifier les éléments d’intérêt majeur et faisant partie intégrante de cette oeuvre d’art.

En allant du macro au micro, de l’extérieur vers l’intérieur, le contexte s’impose comme un premier élément clé. Le Souverain 25 est relativement isolé, il tire profit de l’environnement. Son rapport à l’eau et aux étangs est indéniable, leur préservation est donc fortement recommandée. Le Souverain 25 doit rester un élément isolé, inscrit dans l’étang, tel un château contemporain déposé dans des douves.

Sa volumétrie extérieure avec la structure et les vitrages sont également des éléments constitutifs du bâtiment. La spécificité de l’édifice réside dans le rapport entre un socle carré placé sur un étang et une partie supérieure cruciforme constituée d’un squelette en acier Cor-Ten apparent et d’une multitude de vitrages différents ayant leur propre particularité. 

Aménagements intérieurs

Au niveau des aménagements intérieurs, on retiendra tout d’abord l’entrée déployée sur un plateau offrant une vue périphérique sur les jardins. Le hall est planté de puissantes colonnes. Clin d’oeil aux arbres, celles-ci apparaissent comme des sculptures lumineuses réalisées dans les plus belles matières. L’auditoire colore le hall de son laiton travaillé aux acides et à la flamme par l’artiste Pierre Sabatier. L’aspect brut de cette oeuvre contraste avec les éléments riches des colonnes et la finesse du marbre Estremoz rose. Une impression de grande ampleur spatiale se dégage de cette entrée.

Dans une moindre mesure, le restaurant présente également un certain intérêt de par sa structure apparente. Cet espace a fait l’objet de transformations diverses au niveau des aménagements intérieurs, du mobilier et de la décoration. Il conserve par contre son plafond constitué d’entrelacs de béton brut soutenus par des colonnes composées de quatre sections triangulaires. Si l’on peut souligner la présence des luminaires d’époque, l’éclairage naturel reste insuffisant. Néanmoins, les vues depuis le restaurant sont exceptionnelles et ce rapport intérieur/extérieur est, au même titre que le hall d’entrée, exemplaire.

Fiche technique

  • ObjetRénovation et restauration - Réaffectation
  • ProgrammeHôtel + restaurants et bar / Bureaux / Co-working / Centre de conférences / Espace sports & bien-être
  • En association avecCaruso St John Architects - Bovenbouw Architectuur - DDS+
  • PhaseDemande de permis d'urbanisme
  • LocalisationBoulevard du Souverain 25, 1170 Watermael-Boitsfort.

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