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Souverain 25

Comprendre le passé et revenir aux sources pour vivre dans le présent et s'inscrire avec des éléments contemporains.

L'atelier a réalisé depuis 2013 trois missions d'étude : un ensemble de notes historiques et achitecturales sur les pathologies présentes, une esquisse de masterplan et une étude de faisabilité.

Quand le lieu d’intervention est aussi intéressant que l’ancien siège de la Royale belge situé au numéro 25 du boulevard du Souverain, il s’agit de créer une conversation harmonieuse avec les architectes, dans ce cas Pierre Dufau et René Stapels, d’entrer dans leur vision et leurs intuitions, de trouver le moyen de revenir aux sources avec des éléments contemporains pour que les bâtiments et le site puissent vivre et s’inscrire dans le présent et le futur. Pour dialoguer avec un architecte qui n’est plus là, il est nécessaire de le comprendre. Deux pistes s’ouvrent à l’architecte pour savoir à quoi ressemblait le bien à l’origine : la piste historique et la piste in situ.

Une approche du macro au micro

L’oeuvre initiale est le bâtiment cruciforme appelé « Souverain 25 ». Inauguré le 25 juin 1970, pour les raisons qui sont énoncées ci-après, ce bâtiment doit être considéré comme une oeuvre d’art et certains de ses éléments constituants méritent d’être protégés. La garantie de leur protection est essentielle dans l’optique d’une réhabilitation. Dès lors se pose la question de l’essence de l’oeuvre, à savoir ce qui la constitue, ce qui présente peu d’intérêt et ce qui la dénature. Cette étude a permis d’identifier les éléments d’intérêt majeur et faisant partie intégrante de cette oeuvre d’art.

En allant du macro au micro, de l’extérieur vers l’intérieur, le contexte s’impose comme un premier élément clé. Le Souverain 25 est relativement isolé, il tire profit de l’environnement. Son rapport à l’eau et aux étangs est indéniable, leur préservation est donc fortement recommandée. Le Souverain 25 doit rester un élément isolé, inscrit dans l’étang, tel un château contemporain déposé dans des douves.

Sa volumétrie extérieure avec la structure et les vitrages sont également des éléments constitutifs    du bâtiment. La spécificité de l’édifice réside dans le rapport entre un socle carré placé sur un étang et une partie supérieure cruciforme constituée d’un squelette en acier Cor-Ten apparent et d’une multitude de vitrages différents ayant leur propre particularité. 

Aménagements intérieurs

Au niveau des aménagements intérieurs, on retiendra tout d’abord l’entrée déployée sur un plateau offrant une vue périphérique sur les jardins. Le hall est planté de puissantes colonnes. Clin d’oeil aux arbres, celles-ci apparaissent comme des sculptures lumineuses réalisées dans les plus belles matières. L’auditoire colore le hall de son laiton travaillé aux acides et à la flamme par l’artiste Pierre Sabatier. L’aspect brut de cette oeuvre contraste avec les éléments riches des colonnes et la finesse du marbre Estremoz rose. Une impression de grande ampleur spatiale se dégage de cette entrée.

Dans une moindre mesure, le restaurant présente également un certain intérêt de par sa structure apparente. Cet espace a fait l’objet de transformations diverses au niveau des aménagements intérieurs, du mobilier et de la décoration. Il conserve par contre son plafond constitué d’entrelacs de béton brut soutenus par des colonnes composées de quatre sections triangulaires. Si l’on peut souligner la présence des appareils d’éclairage d’époque, l’éclairage naturel reste insuffisant. Néanmoins, les vues depuis le restaurant sont exceptionnelles et ce rapport intérieur/extérieur est, au même titre que le hall d’entrée, exemplaire.

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